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2016 - Loi Travail: regards croisés entre Baptiste Giraud LEST et Alain Barlatier FSU13

C'est quoi ce travail ?

Regards croisés entre Alain Barlatier (FSU) et Baptiste Giraud (Maître de conférence en Science Politique Aix Marseille Université – Laboratoire d'Economie et de Sociologie du Travail LEST CNRS)

Licencier plus facilement pour mieux embaucher , quel paradoxe !
Payer moins cher le travail pour augmenter la productivité ? Certainement !
Mettre en conformité la législation française avec le moins disant européen ? C'est aussi un des enjeux de la loi travail.
Où en est le mouvement syndical ?

Baptiste Giraud :
Le mouvement de protestation contre le projet de loi Travail me semble tout à la fois révélateur du potentiel de mobilisation des organisations syndicales et des limites qu’il rencontre actuellement. Le succès de cette mobilisation se mesure d’abord au nombre de manifestants que les organisations engagées dans la lutte parviennent à mobiliser, et à l’engagement de plusieurs entreprises dans des actions de grève reconductibles. Même si elles enregistrent un niveau de participation fluctuant, le nombre journées d’action organisées depuis deux mois (9) témoigne d’une mobilisation qui s’inscrit dans la durée. En outre, l’ampleur prise par la protestation contre la loi dite Travail dépasse le seul nombre de manifestants battant le pavé. Le succès de la pétition en ligne lancée contre le projet de loi puis l’émergence des Nuits Debout en sont les deux signes les plus visibles… Mais, fait tout aussi remarquable, les enquêtes d’opinion indiquent, depuis le début de la mobilisation, que ce projet de loi est rejeté par une majorité de Français.  Au-delà du fait qu’une majorité de salariés – et de DRH selon un sondage réalisé par leur association professionnelle ! – ne croient pas dans l’idée selon laquelle plus de flexibilité permettra de dynamiser l’emploi (on peut même faire l’hypothèse que c’est l’inverse qui se produira), le projet de loi El Khomri cristallise en réalité une variété de motifs d’insatisfaction beaucoup plus larges, liés à une mise sous pression généralisée du travail et des travailleurs. La volonté de donner la primauté aux accords d’entreprise pour fixer le montant de rémunération des heures supplémentaires vient directement percuter le problème des bas salaires. La volonté affichée de faciliter les licenciements se heurte au sentiment d’incertitude qui habite une partie croissante des salariés y compris titulaires de CDI (25% d’entre eux déclarent craindre leur emploi). Enfin, en visant à donner la possibilité aux directions de pouvoir « négocier » davantage de flexibilité pour leurs salariés, ce projet de loi vient aussi directement prolonger le processus d’intensification du travail qui va de pair avec un accroissement de la pression ressentie dans son travail et du sentiment d’être dépossédé de la maîtrise de son activité professionnelle. Sous ces différents aspects, l’opposition à loi « Travail » traduit ainsi un mouvement de résistance à un risque d’aggravation des différents maux qui rongent le monde du travail depuis 30 années de réformes libérales.

L’ampleur de la mobilisation a contraint le gouvernement à des concessions importantes par rapport au projet initial : en particulier sur le plafonnement des indemnités de licenciement ou la possibilité qu’il voulait donner aux dirigeants des PME de moins de 50 salariés d’imposer de façon unilatérale des forfaits jours à leurs salariés. Pour autant, et sans présager de l’issue du mouvement, la capacité des organisations syndicales engagées dans la lutte à obtenir le retrait du projet de loi butte sur les limites structurelles de leur capacité à traduire plus massivement encore la contestation du projet de loi en engagement concret dans l’action. Ces limites sont connues. Elles ont trait notamment à l’implantation très inégale des syndicats dans le monde du travail et à la difficulté à se syndiquer dans le monde des PME. Mais cette difficulté récurrente interpelle aussi le mouvement syndical dans son ensemble sur la façon d’adapter son modèle d’organisation et ses formes d’action, afin de faciliter le travail de mobilisation et de mise en convergence des luttes dans un monde du travail de plus en plus morcelé, et dans un contexte qui tend à emprisonner l’action des militants syndicaux – du public comme du privé - au niveau de leur établissement et de leur entreprise ou administration.

 

Alain Barlatier :
Le projet de loi El Khomri a au moins permis de remettre la question sociale au centre du débat politique en France et de relativiser les questions d'identité, de religion, de déchéance de la nationalité ou de la nécessité de l'état d'urgence. Il a tout simplement mis le FN et l'extrême droite « hors sujet » pour un temps.
Il a permis à 3 français sur 4 de se prononcer en faveur d'un code du travail protecteuret de se sentir solidaire du mouvement en cours.
A l'heure ou nous écrivons ces lignes nous ne pouvons anticiper sur l'issue de ce conflit, mais il est possible d'en tirer quelques enseignements pour l'avenir de l'action syndicale.
C'est le conflit le plus important depuis la réforme des retraites de 2010, mais ceci met plus en exergue la faiblesse de l'action revendicative sur les six dernières années que sa force actuelle.
C'est un conflit qui permet de réaliser une jonction entre le mouvement des salariés et celui de la jeunesse, mais dans des proportions qui ne sont pas celles rencontrées en 2006 dans l'action contre le Contrat Première Embauche.
C'est un conflit qui est marqué par une mobilisation des « bastions » traditionnels  du syndicalisme dans le privé (industries, transports publics et privés ..) mais qui ne déborde pas sur ce qui fait l'essentiel du salariat actuel dans sa dynamique : les services, le commerce, les PME TPE.

C'est un mouvement où l'alliance public-privé est posée objectivement par les organisations syndicales sans quepour autant la mobilisation dans les 3 fonctions publiques entraîne la majorité des agents dans l'action (contrairement à 1995 et 2003).
C'est aussi une période qui met en lumière le besoin de débats menés démocratiquement dans l'espace public comme les Nuits Debout ont su le faire sur des centaines de places à travers tout le pays. Et le mouvement syndical est interpelé par ce manque d'échanges sur le lieu de travail.
La division en cours du mouvement syndical revendiqué par nombre d'organisations (mais pas par la FSU) pèse lourd dans la difficulté d'étendre cette mobilisation. Et pourtant on retrouve dans telle ou telle entreprise une alliance entre la CGT et la CFDT par exemple, ou comme à la SNCF un front syndical très large (CGT SUD FO CFDT UNSA) pour s'opposer à la réforme du statut des cheminots. Preuve est que l'unité est possilbe autour des reendications quand les personnels l'imposent et que les directns syndicales ne s'y opposentt pas.

Dans la fonction publique, la FSU a pu concrétiser ces convergences sur la question des salaires et pensions, mais ce processus unitaire n'a pas pu aller jusqu'à son terme. Et pourtant la mise en œuvre de l'unité syndicale est une conditions nécessaire (mais pas suffisante) à la mise en mouvement de l'ensemble du salariat.
Nombre de sujets tels que la précarité dans les services publics, la nature du travail pour quels services rendus aux usagers, la rémunération de ce travail (valeur du point d'indice, revalorisation de nos métiers), la pension comme salaire continué n'ont pas pu s'exprimer dans cette période. C'est pourtant sur ces questions que les convergences public-privé pourront se réaliser et la FSU continuera à mener ce débat avec les collégues de travail, les organisatoins syndicales, le pouvoir politique.

Au congrès du Mans de la FSU au mois de février 2016, nous avons réaffirmé notre double identité, celle d'une fédération qui agit au quotidien pour l'unité des organisations syndicales, mais aussi celle qui milite pour l'unification du mouvement syndical de transformation sociale.
Tout cela est encore plus d'actualité après trois mois de conflit.


Date de création : 25/05/2016 - 11:46
Dernière modification : 25/05/2016 - 11:50
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Congrès FSU 2016
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A l'initiative des syndicats de la FSU, à l'appel d'une large intersyndicale et du réseau associatif, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mercredi 20/9 devant la préfecture à Marseille pour dénoncer la fin des contrats aidés équivalent à plusieurs centaines de licenciements, pour demander que cesse la précarité dans les services publics. 
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le 12 septembre à Marseille, de 20 à 30000 manifestants ont défilé contre les ordonnances Macron, pour les droits des salariés, contre les politiques d'austérité, pour l'avenir de la fonction publique.

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